Newsletter N°8 – 04.2026

La Feuille de liaison du Jardin potager est désormais numérique. Une fois par mois vous trouvez les informations utiles sur les activités de la coopérative ainsi que des suggestions de lecture, de visite, de sortie autour des questions de production agricole, d’alimentation, voire plus largement des sujets consacrés à l’environnement.

De plus, à la manière des feuilletons du 19e siècle, nous vous racontons
l’histoire de l’agriculture biologique, cent ans après son apparition.

Rédaction: Marco Danesi – Recette: Leonard Rimensberger

Assemblée générale du Jardin Potager
Mercredi 17 juin 2026 à Pôle Sud, Lausanne.
Au programme, conférence de David Bichsel, fondateur de L’Association Suisse des Microfermes, repas offert et partie officielle (horaires à préciser).

Prochaines vacances
Il n’y aura pas de livraisons aux dates suivantes:

  • jeudi 9 avril 2026
  • jeudi 14 mai 2026
  • jeudis 24 et 31 décembre 2026

Episode 8: Mina Hofstetter

Au hasard des recherches pour ce feuilleton, Mina Hofstetter a fait son apparition dans l’histoire de l’agriculture biologique. A contre-temps. Il faut donc faire un saut en arrière, et revenir aux années 1920, à l’époque de Rudolf Steiner, pour rendre justice à cette femme hors du commun : paysanne, mère de famille nombreuse, féministe et militante.

En 1927, notamment, l’agricultrice zurichoise renonce au bétail sur son exploitation au profit exclusif des céréales. De cette manière, selon Mina Hoftetter, on pouvait nourrir plus de monde ; elle entend également libérer les familles paysannes de ce qu’elle appelait «l’asservissement à l’économie laitière».

Mina Hofstetter photographiée dans les années 1930 © Keystone.

Née en 1883, après avoir terminé sa scolarité obligatoire, Mina Hofstetter travaille comme domestique à Genève et à Berlin. En 1915, pendant la Première Guerre mondiale, son mari Ernst, charpentier épousé en 1907, achète une ferme près d’Ebmatingen dans le canton du Zurich. Ernst mobilisé, Mina s’occupe de tout et de cinq enfants. En 1918, lors de sa sixième grossesse, elle tombe malade, subit une intervention chirurgicale et fait une dépression nerveuse. Ces épreuves la rapprochent des mouvements critiques à l’égard de l’industrialisation, du matérialisme et de l’urbanisation croissante et qui aspirent à un retour à un mode de vie plus naturel. Alliant la théorie à la pratique, elle convertit la ferme à l’agriculture biologique au cours des années 1920 s’inspirant de la doctrine biodynamique de Rudolf Steiner, puis devient végétarienne et renonce au bétail.

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, la coopérative d’agriculture biologique GBL (aujourd’hui Bioterra, membre fondateur de Bio Suisse) voit le jour chez les Hofstetter. Mina refuse cependant d’y adhérer car l’élevage n’était pas banni. Ce qui ne l’empêche pas de donner des conférences en Suisse et à l’étranger à partir de ses expériences. En outre, des stages sur l’agriculture biologique, les médecines douces, la nutrition, l’éducation, la psychologie et l’art de vivre étaient organisés à la ferme.

Dans son ouvrage «Neues Bauerntum, altes Bauernwissen» (Nouvelle agriculture, ancien savoir, publié à Zurich en 1942), Mina s’émerveille de la vie qui s’épanouit dans un minuscule échantillon de terre. Elle est persuadée que les humains dépendent étroitement de cette biodiversité éclatante qu’il s’agit d’entretenir et d’enrichir. Si bien qu’elle esquisse les principes de ce qui deviendra plus tard la permaculture.
Mina Hofstetter décède en 1967. Certains la considèrent comme une «écoféministe» avant l’heure.

Pour aller plus loin:

GOS

Le Groupe ornithologique et des sciences naturelles de Morges et environs (GOS) propose régulièrement des conférences et des excursions dans la région pour observer les animaux.

Pour plus de détails : https://www.gos-nature.ch

Un légume racine au goût doux et légèrement sucré est mis à l’honneur: le panais. Cousin de la carotte, il se distingue par sa couleur crème et ses arômes subtils qui rappellent la noisette. Se garde environ trois semaines au frigo dans un sachet en plastique perforé afin que la condensation ne le fasse pas pourrir. La chair du panais noircit au contact de l’air. Il faut donc le cuire immédiatement après l’avoir pelé ou le mettre à tremper dans de l’eau citronnée ou vinaigrée.

Nous approchons de la fin de la saison des légumes de garde, alors profitez-en : c’est l’une des dernières fois que vous trouverez du panais dans votre panier ! Et avec ce dernier coup de froid avant que le printemps ne s’installe vraiment, un bon potage chaud tombe à point nommé.

Pour le découvrir, voici une recette simple :
une soupe de panais, c’est ici! et en tout temps sur notre notre site, rubrique «Les recettes»