La Feuille de liaison du Jardin potager est désormais numérique. Une fois par mois vous trouvez les informations utiles sur les activités de la coopérative ainsi que des suggestions de lecture, de visite, de sortie autour des questions de production agricole, d’alimentation, voire plus largement des sujets consacrés à l’environnement.
De plus, à la manière des feuilletons du 19e siècle, nous vous racontons
l’histoire de l’agriculture biologique, cent ans après son apparition.
Rédaction: Marco Danesi – Recette: Léonore Robert Meer
Prochaines vacances
Jeudi 25 décembre 2025 et 1er janvier 2026, pas de livraison de paniers.
La salle dans un des bâtiments du domaine du comte Karl von Keyserlingk à Koberwitz – aujourd’hui en Pologne, à l’époque une localité allemande – est pleine à craquer. Rudolf Steiner relit ses notes. Il jette un coup d’œil furtif à l’assistance. C’est le 7 juin 1924. Il fait frais pour la saison. A 8 heures précises il prend la parole devant plus de cent personnes dont un tiers d’agriculteurs. Ces derniers ont invité l’anthroposophe pour lui demander aide et conseil. Ils sont inquiets. La qualité des aliments se dégrade, la fertilité des sols s’affaiblit, le bétail perd de vigueur. Ils espèrent des solutions pour leur avenir.
Pendant dix jours, Rudolf Steiner expose les principes de l’agriculture biodynamique. La ferme doit évoluer comme un organisme individuel aussi clos que possible, autonome et autosuffisant. Les champs fournissent le fourrage pour les animaux qui, a leur tour, fournissent l’engrais pour les cultures. Il faut vivifier les sols, respecter l’intégrité des plantes, préserver « l’essence » des animaux. La ferme nourrit alors le corps, l’âme et l’esprit de tous ceux qui l’habitent. Les fertilisants industriels azotés qui se développent sont à bannir comme les farines animales, les additifs et les antibiotiques ou les hormones.

Dessin au tableau noir réalisé par Rudolf Steiner le 16 juin 1924. (source : Les Esprits Scientifiques – Savoirs et croyances dans les agricultures alternatives, dirigé par Jean Foyer, Aurélie Choné et Valérie Boisvert, paru en février 2022 aux Éditions UGA – Université Grenoble Alpes.)
Immédiatement après les conférences de Rudolf Steiner, les paysans présents expérimentent les principes biodynamiques sur leurs terres. Des recherches scientifiques testent les nouvelles méthodes en Allemagne, en Suisse, en Hollande et aux Etats-Unis.
Rudolf Steiner décède l’année suivante. Mais ces « Cours aux agriculteurs » continuent de rayonner. 1927 voit la création de la coopérative de producteurs DEMETER, encore active de nos jours.
La Deuxième Guerre mondiale freine l’essor de l’agriculture biodynamique. Le régime nazi la déclare hors la loi. Dès la fin du conflit, cependant, des fermes familiales allemandes surtout se tournent vers elle. Dans la foulée, aux Etats-Unis on met au point un compostage de déchets urbains et de déchets industriels novateurs. On sélectionne des céréales adaptées à l’agriculture biodynamique. On étudie, dans la droite ligne de l’Anthroposophie, l’impact des forces de vie sur le travail agricole. Plus tard, on s’intéresse aussi aux influences des planètes et du cosmos. A partir des année 1970-80, l’agriculture biodynamique se diffuse dans le Nord de l’Europe pays ainsi qu’en Australie et Nouvelle-Zélande.
Aujourd’hui, l’agriculture biodynamique est pratiquée dans près de 60 pays sur tous les continents. Elle représente près de 2500 domaines agricoles certifiés en Europe et 550 autres entreprises (grossistes, transformateurs), et plusieurs millions d’hectares à travers le monde.
En raison de son lien avec l’Anthroposophie, la biodynamie suscite controverses et polémiques sur son efficacité et ses possibles dérives sectaires.
Références:
Sur les polémiques au sujet de l’Anthroposophie:
https://www.geo.fr/environnement/biodynamie-definition-principes-et-domaines-dapplication-193785
Il existe d’autres nombreux articles payants sur les sites internet des médias suisses et français.
Joëlle Zask, Ecologie et démocratie, Premier Parallèle, 2022
La démocratie et l’écologie seraient-elles incompatibles? On entend souvent qu’il y aurait dans l’écologie quelque chose d’élitiste, de contraire aux désirs majoritaires. Ou alors qu’il faudrait, pour prendre le tournant écologique à temps, avoir recours à des méthodes autoritaires, user de la manière forte. Cet essai entreprend au contraire de démontrer que non seulement il n’y a pas de contradiction entre l’écologie et la démocratie, mais que l’une ne va pas sans l’autre. Avant de critiquer ou d’acclamer son gouvernement, le citoyen au sens fort participe activement à la création de ses propres conditions d’existence. Il transforme le monde en le préservant. Il jardine, construit, aménage, s’associe à d’autres, inventant avec la nature comme avec autrui des formes de vie communes. Aux côtés du système représentatif, il y a ou il devrait y avoir un système participatif qui permette à chacun d’entre nous d’ »augmenter » le monde.
Voilà donc l’urgence qui anime ce propos: pour que notre monde ne devienne pas un monde de désolation, nous devons introduire dans l’idée de citoyenneté la production, l’entretien, la préservation et la transmission d’espaces concrets partageables – en somme, la juste occupation de la terre. (Dernière de couverture)
Sur le livre :
https://www.philomag.com/livres/ecologie-et-democratie
Joëlle Zask de vive voix:

Si vous ne savez pas quoi faire avec des côtes de bettes, surtout lorsqu’elles ont un goût parfois un peu terreuses et qu’elles prennent en plus de la place dans le bac à légumes, voici une recette idéale pour l’automne: Ragoût de pois chiches épicé au lait de coco, curcuma et bettes.
Cette recette, et plein d’autres, sont disponibles en tout temps sur notre site, rubrique Les recettes.
