Chères coopératrices, chers coopérateurs,
Au niveau national, le printemps 2026 s’est montré ensoleillé, chaud (3ème le plus chaud depuis 1864) et globalement sec. Cela a été même le printemps le plus chaud jamais mesuré chez nos voisins français. Ceci dit, le mois de mai a été le théâtre de variations de températures extrêmes. Ainsi, après un début mai dans la norme, la deuxième décade a vu la neige tomber temporairement jusque vers 1000m, blanchissant les crêtes du Jura à partir de 1’000 m. Puis, la troisième décade a été exceptionnellement chaude faisant tomber la plupart des records. En quelques jours, on est passé de l’hiver à l’été et les températures ont grimpé de plus de 20 degrés ! Jamais le seuil nocturne des 20 degrés à Neuchâtel ni celui des 25 degrés diurne (seuil journée tropicale) à Nyon n’avaient été dépassés au mois de mai. Et jamais deux vagues de chaleur avec celle que nous connaissons actuellement n’avaient été observées avant le 21 juin (été calendaire). Tous ces phénomènes rapprochés marquent l’intensification du dérèglement climatique avec la précocité et la multiplication des vagues de chaleur. Depuis les années cinquante, la moitié des vagues de chaleur se sont produites après 2010… A noter que le gel de mi-mai aura prétérité de 30 % la récole d’abricots en Valais.
Au pied du Jura, malgré un déficit pluviométrique marqué (60 à 70% de la norme), les averses sont tombées à intervalles suffisamment réguliers pour garantir aux cultures en place une hydratation suffisante. Nous avons toutefois arrosé tous les champs après semis ou plantation, ce qui est courant.
La sécheresse de surface ne commence donc que maintenant, l’augmentation de la chaleur et du temps d’ensoleillement intensifiant l’évaporation. Nous espérons maintenant gagner à la loterie des orages… sans grêle… afin d’avoir moins besoin d’arroser car une période fraiche et humide significative semble peu probable dans les prévisions saisonnières. A ce propos, certaines cultures résistent mieux que d’autres au stress hydrique comme le tournesol ou le maïs qui viennent de pays chauds et nous arbitrerons comme d’habitude les arrosages prioritaires. Nous allons d’ailleurs faire un arrosage préventif avant le semis d’une dernière série de carottes afin de maximiser la qualité de leur germination.
A noter que la forte anomalie froide de mai aura tout de même endommagé quelques plants de notre jeune vigne de Ballens. (Le blanc du Palatinat) que nous devrons sûrement remplacer. La vigne de muscat bleu a par contre refait de nouvelles pousses après ce gel tardif.
Presque toutes les cultures sont en place et globalement en bonne santé et nous devons faire aussi un arbitrage sur le désherbage selon leur stade de croissance. A cette période de l’année, les besoins sont tout de même importants (forte pression sur de nombreuses cultures encore petites). Par exemple, la culture d’oignon Roudoudou qui demandent encore à grossir devra être désherbée manuellement assez rapidement, et l’épinard encore très petits sera sarclé à la machine. Par contre, certains champs vont être fauchés par-dessus la culture pour faciliter la récolte : c’est le cas de l’ail et des oignons hivernés.
Les céréales en place sur de plus importantes surfaces cette année (orge, épeautre, seigle et blé) sont magnifiques et arrivent gentiment à maturité avec des rendements prometteurs.
Au menu des réjouissances, les courgettes fleurissent annonçant la maturité des fruits dans une dizaine de jours. Les séries de salade étagées dans le temps fourniront nos livraisons tout l’été. Nos pommes de terre Agria et Allianz ont un feuillage vigoureux et les premières pommes de terre nouvelles viendront de notre champ à Aubonne, ainsi que les patates douces, à plus long terme. Il y aura aussi un peu de cerises de Ballens ces prochains jours. Les plants de haricots donneront courant août et les premières carottes nouvelles en botte seront prêtes d’ici 15 jours. Dans 2 à 3 semaines, le poireau d’été prendra le relais de nos poireaux de garde qui arrivent au bout.
Différentes variétés de choux regroupées dans un même champ ont été plantées en moindre quantité. Les choux frisés viendront compléter l’assortiment. Enfin, le céleri pomme est bien parti et une deuxième série de côtes de bette commence sa croissance.
Lors de notre tour des champs nous avons pu admirer la biodiversité à l’œuvre sur les deux étangs qui ont été installés sur une de nos parcelles dans le cadre du programme de renaturation du canton. Papillons et libellules y côtoient batraciens et hirondelles. Nous avons même pu observer les hirondelles « en mode canadair » venant s’abreuver en rase motte ou s’ébrouer leur plumage.
Nous nous réjouissons de vous retrouver sur nos marchés du jeudi à Ballens ou alors en ville de Morges, Lausanne, Nyon les mercredis et samedis, ou Vevey les mardis et samedis.
Nous vous souhaitons un bel été avec nous l’espérons suffisamment de répits de fraîcheur. Avec nos plus cordiales salutations.
Gilles Roch et Fabrice Amalric
Ballens, le 18 juin 2026