Lettre saisonnière (hiver 2024-25)

Chères coopératrices, chers coopérateurs,

L’hiver 2024-2025 a été plus anticyclonique que la moyenne, engendrant des situations d’inversion thermique récurrentes. Cela s’est traduit par des températures maintenues fraiches en plaine par un stratus tenace (dépassement de « seulement » 1 ºC de la norme 1991-2010 à Genève).

A la Dôle (1670m), avec l’ensoleillement et des courants jamais très froids en altitude, la différence a été de plus de 2 ºC. Le soleil aura donc brillé presque deux fois plus à La Chaux-de-Fonds (1000m) qu’à Neuchâtel ! Ce qui peut expliquer la différence d’humeur entre la plaine et la montagne…

Sur l’ouest lémanique, le mois de février, peu arrosé a ramené les précipitations dans la normale.

A Ballens, durant tout l’hiver, la couverture neigeuse n’a jamais été aussi faible, en tout cas depuis ces 20 dernières années, puisqu’hormis quelques saupoudrages vite fondus, elle est apparue seulement une dizaine de jours au moment des fêtes de fin d’année. Et elle n’a pas excédé 15cm. D’autre part, il n’y a eu qu’une période de 4 jours de gel modéré (-5 ºC), pas de fortes gelées. Toutefois, cette fenêtre météo unique début janvier a permis d’épandre du compost sur une bonne partie des terrains durcis par le gel. L’an passé, sans aucune fenêtre météo de ce type, nous avions été contraints d’épandre du compost au printemps en faisant quelques tassements au sol, puisque nous devons entrer avec une imposante et lourde machine.

L’hiver ayant été plutôt clément, nous avons une bonne avance sur la préparation des sols pour les prochaines cultures. On compte jusqu’à 6 étapes de préparation : le décompactage du sol, le labour de surface (pas plus de 15cm) qui retourne la couche superficielle du sol, l’épandage du compost et/ou du jus de presse (riche en azote phosphore, potassium et calcium), l’incorporation de ces matières organiques en surface par hersage, et la réalisation ou non de carreaux selon les cultures.

Lorsque le blé qui a passé l’hiver sera un peu plus grand, l’incorporation mécanique sera possible avec une herse étrille qui a aussi pour effet une aération du sol et un premier désherbage. Le poireau quant à lui est prêt pour cette étape. D’ailleurs, avec la douceur qui s’installe, on va enfin pouvoir en récolter de taille satisfaisante, étant donné qu’ils étaient trop petits jusqu’à maintenant.

Parmi les cultures restées en place cette hiver, nous avons récolté la moitié des choux-plumes. Les choux de Bruxelles ont donné tout l’hiver et la ciboulette reprend vigoureusement. Nous en couperons de nouveau d’ici quelques jours. Les dents de lion tant attendues sont maintenant prêtes et nous avons le plaisir d’en mettre dans le panier cette semaine.

Les arbres fruitiers ainsi que la vigne ont été taillés. Les myrtilliers étant encore un peu chétifs, on enlèvera leurs fleurs cette année. Leur force sera ainsi mise à contribution pour leur propre croissance et pas pour celle des fruits.

En termes de stock, il nous reste encore des carottes et du panais en suffisance et du topinambour en terre, et un peu de raves que nous avons sauvées avant qu’elles ne montent à graines. De plus, les endives forcées ou chicons ont été d’une qualité très satisfaisante et régulière et nous avons encore des racines pour en produire jusqu’en mai. A noter que nous sommes les seuls en Suisse à les forcer dans de la terre et non dans des bacs avec circulation d’eau (culture hydroponique).

Il reste peu ou pas des variétés des autres légumes de garde (céleris, betteraves rouges, oignons etc.…). On entre dans la période creuse entre la fin du stock et la récolte des nouvelles cultures printanières.

Pour la troisième année consécutive, nous réduisons les surfaces de cultures de légumes pour nous adapter au mieux au volume des ventes sur les marchés et autres débouchés.

Nous vous souhaitons un excellent début de printemps et nous vous remercions pour votre confiance et votre fidélité au Jardin Potager.

Nous nous réjouissons aussi de vous retrouver au Domaine des Biolettes pour la mise en panier et dès le mois de juin pour les premières demi-journées aux champs, ou alors sur nos marchés en ville de Morges, Lausanne, Nyon ou Vevey.

Gilles Roch et Fabrice Amalric
Ballens, le 20 mars 2025