Newsletter N°13 – 09.2026

La Feuille de liaison du Jardin potager est désormais numérique. Une fois par mois vous trouvez les informations utiles sur les activités de la coopérative ainsi que des suggestions de lecture, de visite, de sortie autour des questions de production agricole, d’alimentation, voire plus largement des sujets consacrés à l’environnement.

De plus, à la manière des feuilletons du 19e siècle, nous vous racontons l’histoire de l’agriculture biologique, cent ans après son apparition.

Rédaction: Marco Danesi
Recette: Léonore Robert Meer et Leonard Rimensberger

Dimanche 13 septembre de 9h00 à 17h00:
Participation au marché Pro Specie Rara au Signal de Sauvabelin à Lausanne avec un stand de promotion.

Prochaines vacances du Jardin Potager:
Jeudis 24, 31 décembre 2026 et 7 janvier 2027
Attention, cette année il y a 3 semaines sans panier pendant les fêtes de fin d’année.

Episode 13: Agroécologie

Au sens le plus littéral du terme, agroécologie pourrait vouloir dire: la science de l’habitat de l’agriculture; soit une approche qui met en évidence, étudie, valorise les relations de cette dernière avec son milieu à la fois physique, biologique, social, politique, économique, notamment. Et ce milieu est à l’origine et rend possible les activités agricoles autant qu’il est façonné par ces dernières.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agroécologie «cherche à optimiser les interactions entre les plantes, les animaux, les humains et l’environnement, tout en répondant à la nécessité de mettre en place des systèmes alimentaires socialement équitables au sein desquels les gens peuvent choisir ce qu’ils mangent et comment et où cela est produit. L’agroécologie est à la fois une science, un ensemble de pratiques et un mouvement social.»

Le tout se décline ensuite suivant des grands principes à traduire dans des cultures au quotidien dans le but de garantir une alimentation saine, variée, saisonnière et culturellement adaptée.

En résumé: favoriser la diversité des ressources et des espèces (locales surtout); recycler, adopter les pratiques de l’économie circulaire et solidaire; privilégier les échanges et le partage ainsi que les synergies de manière à renforcer la capacité à s’adapter de tout le milieu; gérer et administrer les domaines dans le respect du vivant afin d’aller vers davantage d’autonomie et d’équité; développer les liens entre producteurs et consommateurs, et leur participation active à la vie de l’écosystème sans perdre de vue la culture, l’identité et les traditions des lieux et des populations.

Concrètement, sur le terrain, on fait tourner les cultures et les plantations, on associe vergers et forêts avec l’élevage du bétail; on supprime pesticides et herbicides, et on prend soins des sols. Mais toutes ces mesures s’intègrent dans une action systémique qui entend transformer la production agricole et l’alimentation en même temps que les organisations sociales, économiques et politiques.

Bref, l’agroécologie affirme que l’agriculture n’est pas une activité isolée, mais qu’elle se déploie dans un réseau plus large, auquel elle contribue à son tour, englobant la production, la transformation, la commercialisation, la consommation d’aliments jusqu’aux questions liées à la gouvernance et à l’éthique.

Pour l’histoire, le terme est utilisé pour la première fois en 1928 par Basil Bensin, un agronome américain d’origine russe, pour décrire l’utilisation de méthodes écologiques appliquées à la recherche agronomique. Dans les années 1950, l’écologue et zoologiste allemand Wolfgang Tischler utilise le terme pour décrire le résultat de ses recherches sur la régulation des ravageurs par la gestion des interactions entre les composantes physiques, chimiques, biotiques et humaines des milieux agricoles.

Mais c’est au cours des années 1980 que l’agroécologie s’impose via des travaux étudiant les systèmes agricoles d’Amérique latine. Le but est de trouver des alternatives au modèle de développement de la révolution verte, dont ils observent les limites sur le terrain (dégradations environnementales, impacts sociaux, économiques et culturels).

La publication en 1983 du livre Agroécologie, les bases scientifiques d’une agriculture alternative, de Miguel Altieri, professeur à l’université de Berkeley aux Etats-Unis marque un tournant car pour l’auteur «L’agro-écologie est la science de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des plus démunis confrontés à un environnement défavorable».

Au fil du temps et des réflexions, l’agroécologie devient «l’écologie des systèmes alimentaires», selon la définition de Charles Francis, agronome et horticulteur auprès de l’Université du Nebraska aux USA.

Autrement dit, cultiver des céréales, élever des vaches revient à interroger la société dans ses fondements politiques et économiques.

Au Mexique, il s’agit d’augmenter la production des petits paysans sans recours massif à la chimie. Au Brésil, la philosophie agroécologique s’oppose aux politiques de modernisation de l’agriculture et défendant les intérêts des fermiers. Ces mouvements, très divers dans leurs formes et leurs moyens, partagent toutefois les aspirations à la sécurité alimentaire et a l’autonomie des producteurs face aux géants de l’agroalimentaires.

La Via Campesina incarne au niveau international ces revendications et coordonne l’action des organisations de petits et moyens paysans, d’ouvriers agricoles, de fermes rurales, de communautés autochtones d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Afrique.

Source: Terre et Humanisme

Pour aller plus loin:

Balade de l’herboriste 27 septembre de 10h45 à 17h30 au Sentier VD. Dans les forêts et pâturages de la Vallée de Joux, apprenez à identifier les plantes de saison et les arbustes à petits fruits comestibles. Vous confectionnerez un sirop contre la toux et une gelée. Inscription sur le site du Parc Jura Vaudois.

Deux événements que nous souhaitons mettre en avant dans le cadre des journées de l’agroécologie en Suisse:

  • Atelier balade grainothèque et récolte de graines 10 octobre de 14h00 à 15h00. C’est un atelier familial proposé par la bibliothèque d’Epalinges. Promenez-vous et apprenez à récolter et à conserver des graines, principalement de fleurs indigènes. Inscription requise.
  • Visite du Jardin Sauvage 17 octobre de 10h00 à 17h00 à l’Abergement (VD). Luxuriant et plein de vie, le Jardin-forêt est un écosystème paysager en multi-strates directement inspiré d’une lisière forestière, mais où tout se mange, ou presque!

Le pâtisson n’est pas le légume le plus apprécié mais en plus de ses qualités pour la santé (peu calorique, riche en eau, antioxydant, favorisant un bon transit), bien apprêté, on en redemande!

Une recette qui sent bon l’été grâce au mariage du pâtisson, des tomates et des herbes de Provence: Pâtisson et tomates au four.

Pour d’autres idées, rendez-vous sur le site du Jardin Potager, rubrique recettes.