Chères coopératrices, chers coopérateurs,
Même si les températures printanières ont dépassé de 0,8 ºC la norme 1991-2020, le ressenti a été frais à cause d’un ensoleillement faible et d’un régime humide persistant. En certains endroits du Sud et de l’Est de la Suisse, le mois de mars a même été le plus arrosé depuis le début des mesures. Avril a été extrêmement contrasté puisque la première quinzaine, estivale, a été suivie d’une deuxième quinzaine…hivernale. Un record de chaleur a ainsi été battu à Genève avec 28,3 ºC, tandis qu’à la fin du mois le Jura recevait localement plus d’une dizaine de centimètres de neige au-dessus de 800 m. Enfin, mai a été particulièrement pluvieux (150% de la norme à Ballens), douchant les derniers espoirs des amateurs de temps clément.
Bien que les précipitations n’aient pas été diluviennes comme à l’automne 2023, leur régularité a suffi à nous faire perdre l’avance acquise à la fin de l’hiver. C’est surtout à partir d’avril que la situation s’est compliquée. L’impossibilité répétée de réaliser des plantations nous a ainsi obligé à mettre en place 3 séries de plantons de fenouil en même temps. La même contrainte s’est répétée avec plusieurs séries de salades. Il faudra être attentif à l’écoulement des quantités produites fin juin.
Par ailleurs, avec le manque d’ensoleillement, les jeunes cultures en place peinent à prendre de la vigueur, mais le temps plus chaud au mois de juin leur redonnera des couleurs. De plus, la rhubarbe a souffert du climat mais nous avons quand même réussi à en mettre dans les paniers.
Les conditions climatiques n’ont heureusement pas boosté la pression des « mauvaises herbes », et les quelques plages de temps sec ont permis de sarcler mécaniquement et efficacement sur de grandes surfaces.
Actuellement, nous sarclons ou allons sarcler le céleri pomme qui est bien parti et promet une bonne récolte à l’automne ; l’ail qui sera mûr dans 1 mois ; et le panais. Celui-ci n’ayant pas pu bénéficier d’un brulage des mauvaises herbes à cause de la pluie, le désherbage manuel s’annonce important. A noter que la levée des carottes est bonne, ainsi que celle du persil racine, et que le colza est magnifique. Il sera moissonné dans un mois lorsque les « couteaux » seront secs et les graines noires.
Phénomène marquant, l’explosion du rendement des poireaux (presque x4) qui ont profité d’un hiver doux et d’un printemps pluvieux. Certains poireaux faisaient plus d’1 kg pièce ! Au total, ce sont 30 tonnes de surplus dont on a réussi à écouler la moitié. Le temps presse maintenant pour déstocker le reste. Le ramassage et stockage de tous ces poireaux a d’ailleurs aussi été un facteur limitant sur l’avancée des autres travaux.
Autre phénomène exceptionnel, l’absence sur le marché de plantons de pommes de terre en suffisance. Si bien que nous n’avons pas eu de variétés précoces et que nous avons dû utiliser une partie de nos pommes de terre en stock, ainsi que celles de collègues, pour les replanter. Des séries de Charlotte et d’Annabelle devraient donc tout de même arriver en juillet dans vos paniers.
A ce jour, nous avons encore 40 % des cultures du domaine à mettre en place, avec un délai de 3 semaines… La priorité est mise sur les plantations de patates douces et d’endives, cultures à forte valeur ajoutée. Un champ est aussi prêt pour les maïs, et un autre pour les haricots.
Enfin, lors d’un contrôle de Biosuisse, une analyse a été effectuée sur les cultures de rhubarbe et d’ail, et aucun résidu de pesticides, de surcroit de synthèse, n’a été décelé. Cela montre bien qu’avec des mesures de précaution adaptées, nos cultures sont peu ou pas impactées par les traitements des voisins non bios.
Nous vous souhaitons un excellent début d’été et nous nous réjouissons de vous retrouver au Domaine des Biolettes pour la mise en panier, les premières demi-journées aux champs ou alors sur nos marchés en ville de Morges, Lausanne, Nyon ou Vevey.
Gilles Roch et Fabrice Amalric